Biocarburants : l’Afrique paie (déjà) le prix fort

Publiée le 9 juin, une étude de l’Institut d’Oakland indique que 60 millions d’hectares de terres africaines ont été achetés ou loués par des investisseurs en vue de produire des biocarburants. Ou des fleurs coupées.

Un temps envisagés comme une alternative prometteuse, les biocarburants suscitent beaucoup de questionnements. Un récent rapport de l’Institut d’Oakland ne manquera pas d’en provoquer d’autres : l’étude signale en effet que près de 60 millions d’hectares de terres arables d’Afrique (soit à peu près la surface de la France) ont été achetés ou loués au cours de la seule année 2009. L’Ethiopie, la Tanzanie, le Sud-Soudan, la Sierra Leone, le Mali et le Mozambique sont particulièrement concernés par ces acquisitions hâtives réalisées aux dépens des petits producteurs locaux. L’enjeu est d’autant plus important que, les contrats de vente étant légaux, les tribus ne disposeront d’aucun recours si elles souhaitent dénoncer ultérieurement la transaction.

Le rapport poursuit par ailleurs que ces terres sont dédiées à la production de biocarburants… ou de fleurs coupées. Le constat ne manquera pas de renforcer les doutes de ceux qui s’interrogent sur la pérennité de cette énergie alternative dans sa forme actuelle.

L’impact positif des biocarburants sur l’environnement a, de nombreuses fois, été souligné (l’Ademe rappelle ainsi que l’utilisation de biodiesels issus de déchets permet de réduire de  90 % les émissions de gaz à effet de serre.) Il n’en reste pas moins que leur culture se fait pour l’heure au détriment de populations en proie à des pénuries alimentaires graves, voire à la famine.

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Une réflexion au sujet de « Biocarburants : l’Afrique paie (déjà) le prix fort »

  1. Bravo pour ton site, agréable à lire, instructif et agrémenté de belles photos.

    Sur le sujet particulier des agro-carburants (terme que je préfère à « bio-carburant », ceux-ci n’ont rien de bio) il y avait un reportage justement aujourd’hui sur je ne sais plus quelle chaîne. D’après ce reportage, le nombre d’hectares consacrés à ce genre de culture en Afrique est inférieur à ce que tu mentionnes, mais additionnés aux surfaces nécessaires pour faire pousser le soja qu’on donne à manger au bétail européen, cela reste extrêmement important.
    Par ailleurs une responsable de l’Ademe indiquait que le bilan carbone des agro-carburants était médiocre, voire négatif quand ceux-ci remplacent une forêt. Sans parler de la consommation d’eau (4000 litres d’eau pour produire un litre d’Ethanol).
    Et pendant ce temps, le gouvernement continue à subventionner cette pratique avec nos impôts, pour le plus grand bénéfice des céréaliers bien défendus par la FNSEA…
    Conclusion: il faut changer de gouvernement… et manger moins de viande !

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