Bornes électriques : la France compte rattraper son retard

Si le véhicule électrique est aujourd’hui « une affaire qui roule », il n’empêche qu’il roulerait encore mieux si les conducteurs disposaient d’un plus grand nombre de points de recharge. Bonne nouvelle : le gouvernement prévoit différentes mesures incitatives pour multiplier les bornes électriques.


En 2009, le Grenelle de l’Environnement permettait d’avancer que  « 4 millions de bornes seraient disponibles en 2020 ». Trois ans plus tard, force est de constater que cet objectif ne pourra pas être tenu. Toutefois, le coup d’accélérateur donné par les politiques publiques en marge de l’ouverture du Mondial de l’automobile laisse penser que l’horizon est moins fermé qu’on le redoutait. Les experts (publics et industriels) estiment en effet que 2 000 à 2 500 bornes en accès public en France (hors autopartage type Autolib) seront installées chaque année, principalement aux abord des grandes entreprises et à proximité des collectivités.

La nouvelle devrait réjouir les industriels français qui maîtrisent déjà cette technologie, à l’instar de Schneider et Legrand, mais aussi de PME  telles le leader DBT dans le Nord-Pas-de-Calais, Hager en Alsace ou Saintronic en Charente-Maritime.

Jusqu’à présent, constructeurs d’automobiles et d’infrastructures se sont renvoyé la balle, argumentant, pour l’un, que le modèle ne trouvait pas sa clientèle faute de points de recharge, pour l’autre, que le marché restant confidentiel, la construction de bornes n’était pas à l’ordre du jour. Cette nouvelle donne pourrait clore le débat.

Portrait de la France en 2040

Anticiper l’état de la France en 2040 n’est pas une sinécure : pour preuve, pas moins de 500 experts ont été sollicités par la DATAR* dès 2009 afin de brosser un portrait parfois surprenant de notre pays dans les trente à quarante prochaines années. Synthétisés en 10 grandes cartes, ces résultats sont présentés au grand public jusqu’au 31 mai.

L’approche se veut pour le moins exhaustive. Ce travail envisage en effet la croissance des villes, l’évolution démographique, la répartition des espaces industriels ou les mutations climatiques, mais aussi les nouveaux choix résidentiels des ménages (plus nécessairement liés à la localisation de l’emploi) et la nature comme nouveau partenaire des politiques d’aménagement.

Si chaque thématique propose quatre à sept scénarios possibles, la carte du changement climatique n’en envisage qu’un, précisément établi. Entre autres conséquences, la DATAR prévoit la réorganisation de la production agricole (avec des zones viticoles plus au nord du pays et des productions de blé accrues), mais aussi la nécessité de repenser nos modes de vie et d’habitant dans les villes. L’amélioration de l’isolation thermique des bâtiments ou la végétalisation des toitures et des façades sont quelques-unes des pistes de réflexion proposées pour faire efficacement face à la hausse attendue des températures.

* Délégation interministérielle à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale.

Infos pratiques :

L’exposition est présentée jusqu’au 31 mai 2012 au Conseil économique, social et environnemental, 9 Place d’Iéna, 75016 Paris (Métro : Iéna)

Science : quoi de neuf pour 2012 ?

L’année qui commence pourrait être celle de la fin du monde… mais pas seulement. Dans son hors-série daté de janvier, Science & Vie recense « dix espoirs de science » qui passeront du rêve à la réalité au cours des prochains mois. Voici quatre d’entre eux.

© Dassault Systèmes

>>> En 2012, l’eau des iceberg sera récupérée

Le projet ressemble à un rêve : concrètement, il s’agira d’acheminer des icebergs du Canada aux Canaries où leur eau sera récupérée puis conduite jusqu’aux pays arides. Porté depuis de nombreuses années par Georges Mougin, 87 ans, ce projet est en passe d’être concrétisé par Dassault Systèmes. Selon ces experts, 141 jours seront nécessaires à ce singulier voyage au cours duquel l’iceberg perdra moins de 40 % de sa masse. Une goutte d’eau au regard du volume global transporté.

>>> En 2012, le premier cœur artificiel sera implanté

A l’étude depuis plusieurs années, cette prothèse des plus complexes sera prochainement implantée. Léger (l’organe de synthèse pèse 600 grammes de plus qu’un « vrai ») et autonome pendant 12 heures, le cœur artificiel battra au rythme du patient. Développée par l’équipe du professeur Alain Carpentier dans les laboratoires de Carmat, cette technologie est en effet équipée d’un capteur de pression sanguine ultra précis capable d’adapter les pulsations aux efforts physiques.

>>> En 2012, un vaccin permettra d’en finir avec le paludisme

Deux laboratoires (l’un anglais, l’autre français) ont développé des stratégies très différentes pour en finir avec une maladie qui a provoqué 800 000 décès en 2009. Si l’équipe de la firme GlaxoSmithKline (GSK) compte empêcher le virus de pénétrer dans le foie (d’où il pourrait passer dans le sang), l’Institut Pasteur s’attaque à l’infection déclarée. Pour faire très simple, son vaccin donnera aux globules blancs les moyens de détruire le parasite présent dans les globules rouges.

>>> En 2012, les cocons stellaires nous révéleront leurs secrets

Installé cette année sur les cimes du Chili, le télescope Alma permettra d’observer la naissance d’étoiles nichées au cœur de la nébuleuse d’Orion, à 1 300 années-lumière de la Terre. N’en déplaise à certains, l’année 2012 s’annonce prometteuse !

© ALMA

EDIT 11 h 50 : L’idée de déplacer des icebergs est moins incensée qu’il n’y paraît. La FAQ de l’industriel est éclairante sur le sujet (http://www.3ds.com/fr/icedream/faq). D’autres documents permettent de comprendre que la fonte de cette eau n’aura pas, comme on aurait pu le redouter, d’impact sur la montée des océans. L’eau douce contenue dans les icebergs n’a par ailleurs pas vocation à rester aux Canaries : elle sera ensuite acheminée jusqu’à des pays arides.

Lorsqu’on demande aux porteurs du projet s’ils « ne pensent pas jouer aux apprentis sorciers en déplaçant les icebergs ? » leur réponse est la suivante :

« A l’état naturel les icebergs fondent. Leur transfert vers une destination prédéfinie ne change donc pas leur fonte, mais simplement le lieu où ils fondent et où l’eau douce va être exploitée plutôt que d’être simplement rejetée dans les océans. »

En 2010, l’ONU estimait que 884 millions de personnes n’avaient pas accès à l’eau potable. La récupération de l’eau des icebergs n’est probablement pas LA solution à ce problème mondial ; elle constitue toutefois une piste de recherche qui mérite de ne pas être écartée.

Energie : le monde devra investir 38 000 milliards de dollars d’ici 2035

Ce chiffre – vertigineux – dévoilé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) semble à peine croyable. Pourtant, selon l’AIE, si les pays du globe veulent faire face à une demande énergétique croissante, ils vont devoir débourser 1.500 milliards de dollars… chaque année.

Economiste en chef de l’AIE, Fatih Birol le reconnaît volontiers : « C’est énorme. Les coûts de production augmentent dans de nombreuses parties du monde et il devient de plus en plus difficile d’extraire l’énergie. » Ceci explique donc la hausse significative (+ 15 %) des dernières estimation.

Si certains pays sont déjà bien engagés dans cette démarche, d’autres (principalement en Afrique et au Moyen-Orient) doivent faire face à d’autres priorités. Quoi qu’il en soit, les investissements seront consacrés aux énergies principalement utilisées : les hydrocarbures et l’électricité. S’agissant du pétrole, « 90 % de la croissance de la production viendra du Moyen-Orient, poursuit Fatih Birol. Si, dans les cinq ans, les investissements dans les infrastructures ne sont pas au rendez-vous dans cette région, les implications seront majeures pour les prix du pétrole qui s’envoleront. »

Le monde doit par ailleurs se préparer à la connexion d’une grande partie de l’humanité au réseau électrique. « Aujourd’hui, 9 milliards de dollars sont investis chaque année pour favoriser l’accès à l’électricité pour les plus démunis, estime Fatih Birol. Or il faudrait cinq fois plus, 45 milliards de dollars, surtout en Afrique et en Asie. » Actuellement, 1,3 milliard d’humains n’a toujours pas le courant.

© DR

Jardins de l’Arche : joliment décalés

Farshid Moussavi ne fait pas partie des « femmes qui comptent » pour rien : la talentueuse architecte a remporté cette semaine le concours des Jardins de l’Arche grâce à un projet qui se joue habilement du décalage.

Haut de onze étages, ce bâtiment accueillera en plein coeur de Nanterre de nombreux commerces, une résidence étudiante et des logements en accession. Sa structure horizontale et épurée ne devrait pas passer inaperçue : le cabinet de Farshid Moussavi a en effet eu l’étonnante (et bonne !) idée de légèrement décaler les plans des étages, permettant ainsi à chaque logement de recevoir une loggia et un balcon partiellement couvert. Très fine, la forme du bâtiment autorise par ailleurs de nombreux appartements traversants, tous baignés de lumière.

Le premier coup de pioche est prévu dès 2012.

© Les Nouveaux constructeurs / FMA.

9 milliards d’hommes à nourrir d’ici 2050

Selon toute vraisemblance, la Terre comptera 9 milliards d’êtres humains d’ici 2050. Garantir à chacun d’eux une alimentation de qualité et en quantité suffisante pourrait bien être un défi.

Responsables de l’Inra et du Cirad, Marion Guillou et Gérard Matheron proposent plusieurs scénarios pour le relever. Ils recommandent notamment de penser, en concertation avec les agriculteurs, un modèle agricole innovant afin de renforcer la rotation des cultures et d’encourager l’emploi de céréales résistant mieux à la sécheresse et aux aléas climatiques de plus en plus nombreux et variés.

Ils soulignent par ailleurs que la lutte contre la faim n’est pas l’affaire des spécialistes, mais nous concerne tous. Ainsi, si les habitants de l’OCDE s’obstinent à consommer, en moyenne, 4 000 calories par personne et par jour, les scénarios qui permettraient de nourrir 9 milliards d’êtres humains sont voués à l’échec. En revanche, s’ils se « contentent » de 3 000 calories quotidiennes, les hypothèses les plus positives pourraient se concrétiser.

En bref, en changeant notre régime alimentaire et en réduisant les gaspillages – aujourd’hui estimés à plus de 30 % de la production agricole mondiale l’ensemble de l’humanité pourrait, et c’est tout de même la moindre des choses, manger à sa faim.

Ces propositions de bon sens et réalistes sont rassemblées dans un ouvrage – 9 milliards d’hommes à nourrir. Un défi pour demain – dont les droits d’auteurs seront reversés à l’association Agronomes et vétérinaires sans frontières.

9 milliards d’hommes à nourrir. Un défi pour demain, de Marion Guillou et Gérard Matheron. Septembre 2011. 432 pages. 22 euros. François Bourin Editeur.

Bangkok sauvée des eaux ?

Une nouvelle étude de l’OCDE est sans appel : la capitale de la Thaïlande aura les pieds dans la mer d’ici vingt ans et devrait même avoir disparu dès 2100. A moins que…

Construite voilà 300 ans sur des sols marécageux, Bangkok s’enfonce chaque année de un à deux centimètres. Selon les calculs d’experts mandatés par l’ONU, la ville devrait être totalement enlisée d’ici 2050 seulement.

Pour contrer cette disparition annoncée, le cabinet d’architectes thaïlandais S + PBA a conçu « Wetropolis« . En plus d’un élégant réseau de logements reliés entre eux par des passerelles, ce projet prévoit l’utilisation des mangroves indigènes pour filtrer l’eau du sol et fournir au biotope suffisamment d’oxygène pour éviter l’enlisement.

Actuellement, dix millions d’habitants vivent dans cette mégapole en sursis.

© S + PBA