Science : quoi de neuf pour 2012 ?

L’année qui commence pourrait être celle de la fin du monde… mais pas seulement. Dans son hors-série daté de janvier, Science & Vie recense « dix espoirs de science » qui passeront du rêve à la réalité au cours des prochains mois. Voici quatre d’entre eux.

© Dassault Systèmes

>>> En 2012, l’eau des iceberg sera récupérée

Le projet ressemble à un rêve : concrètement, il s’agira d’acheminer des icebergs du Canada aux Canaries où leur eau sera récupérée puis conduite jusqu’aux pays arides. Porté depuis de nombreuses années par Georges Mougin, 87 ans, ce projet est en passe d’être concrétisé par Dassault Systèmes. Selon ces experts, 141 jours seront nécessaires à ce singulier voyage au cours duquel l’iceberg perdra moins de 40 % de sa masse. Une goutte d’eau au regard du volume global transporté.

>>> En 2012, le premier cœur artificiel sera implanté

A l’étude depuis plusieurs années, cette prothèse des plus complexes sera prochainement implantée. Léger (l’organe de synthèse pèse 600 grammes de plus qu’un « vrai ») et autonome pendant 12 heures, le cœur artificiel battra au rythme du patient. Développée par l’équipe du professeur Alain Carpentier dans les laboratoires de Carmat, cette technologie est en effet équipée d’un capteur de pression sanguine ultra précis capable d’adapter les pulsations aux efforts physiques.

>>> En 2012, un vaccin permettra d’en finir avec le paludisme

Deux laboratoires (l’un anglais, l’autre français) ont développé des stratégies très différentes pour en finir avec une maladie qui a provoqué 800 000 décès en 2009. Si l’équipe de la firme GlaxoSmithKline (GSK) compte empêcher le virus de pénétrer dans le foie (d’où il pourrait passer dans le sang), l’Institut Pasteur s’attaque à l’infection déclarée. Pour faire très simple, son vaccin donnera aux globules blancs les moyens de détruire le parasite présent dans les globules rouges.

>>> En 2012, les cocons stellaires nous révéleront leurs secrets

Installé cette année sur les cimes du Chili, le télescope Alma permettra d’observer la naissance d’étoiles nichées au cœur de la nébuleuse d’Orion, à 1 300 années-lumière de la Terre. N’en déplaise à certains, l’année 2012 s’annonce prometteuse !

© ALMA

EDIT 11 h 50 : L’idée de déplacer des icebergs est moins incensée qu’il n’y paraît. La FAQ de l’industriel est éclairante sur le sujet (http://www.3ds.com/fr/icedream/faq). D’autres documents permettent de comprendre que la fonte de cette eau n’aura pas, comme on aurait pu le redouter, d’impact sur la montée des océans. L’eau douce contenue dans les icebergs n’a par ailleurs pas vocation à rester aux Canaries : elle sera ensuite acheminée jusqu’à des pays arides.

Lorsqu’on demande aux porteurs du projet s’ils « ne pensent pas jouer aux apprentis sorciers en déplaçant les icebergs ? » leur réponse est la suivante :

« A l’état naturel les icebergs fondent. Leur transfert vers une destination prédéfinie ne change donc pas leur fonte, mais simplement le lieu où ils fondent et où l’eau douce va être exploitée plutôt que d’être simplement rejetée dans les océans. »

En 2010, l’ONU estimait que 884 millions de personnes n’avaient pas accès à l’eau potable. La récupération de l’eau des icebergs n’est probablement pas LA solution à ce problème mondial ; elle constitue toutefois une piste de recherche qui mérite de ne pas être écartée.

La tête dans les nuages

Tiago Barros ne fait pas les choses à moitié. Quand il réfléchit à un mode de transport écologique et innovant, il aboutit à une solution technique jusqu’alors inexplorée et résolument… planante.

Créé à l’occasion d’un concours initié par le Van Alen Institute et le Département des Affaires culturelles de New York, le projet « Passing Cloud » prévoit d’assembler autour d’une structure métallique d’amples sphères de nylon. Poussé par le vent, et par le vent seulement, l’ensemble avancerait à un rythme lent et indéfini, vers une destination non connue à l’avance. Plus qu’un mode de transport, c’est un véritable art de vivre que propose ici l’architecte, l’ambition, à contre-courant, de laisser du temps au temps.

© DR

Citroën UFO : un avant-goût du monde flottant

Ora-ïto a le goût des beaux objets. Des très beaux. Connu pour, pêle-mêle, ses flacons pour Guerlain, ses bijoux pour Christofle, ses accessoires estampillés Vuitton, le designer français réitère une collaboration prometteuse amorcée l’an passé avec Citroën, et c’est tant mieux.

Après l’Evo-Mobil présentée en 2010, Ora-ïto nous offre cette année l’UFO, le croisement réussi entre une soucoupe volante et la mythique DS de la marque aux chevrons. Tout en courbes et rondeurs, ce prototype propose des solutions techniques jusqu’alors inexplorées. Entre autres innovations, il met résolument de côté roues et axes de rotation classiques et opte pour… le déplacement sur coussin d’air. Autrement dit, ce prototype ne roule pas : il flotte.

© DR

Vieria Concept : on respire !

Développé par les Sud Coréens Gun-woong Kim (24 ans) et Su-ji Kim (23 ans) dans le cadre du Michelin Challenge Design, le concept-car Vieria ne polluera pas l’air… et sera même capable de purifier l’environnement.

La petite citadine sera en effet équipée d’une fonction innovante pour inhaler par l’avant l’air et les poussières de la ville, retenir les polluants dans un filtre puis rejeter par l’arrière un air fraîchement purifié.

Compacte, (Vieria Concept mesure tout juste 3,9 mètres de long pour 1,45 mètre de large), cette biplace électrique dispose de 4 roues dont la distance avec l’essieu peut être augmentée en mode « Normal » et réduite en mode « Dynamic » (sur autoroutes) grâce à un pivot central. Un système aussi astucieux qu’efficace pour garantir le confort de la conduite tout au long du parcours.

Crédit : Michelin Challenge Design.


« Family Dynamic » : le concept s’agrandit… au propre comme au figuré

Dans une vie antérieure, Adam Phillips dessinait des jouets. Ceci expliquant peut-être cela, il crée désormais des véhicules à mi-chemin entre rêve et réalité. Le dernier en date – le camping-car « Family Dynamic » – vient tout juste d’être plébiscité par le très select Royal College of Art.

Composée de deux compartiments modulaires, cette étonnante structure oblongue peut en quelque sorte être étendue ou resserrée au gré des besoins de la famille. A l’intérieur, un mur en verre « intelligent » projette des films, des jeux et accueille les fonctionnalités d’un ordinateur.

Et parce que le rêve doit rester à la portée de tous, ce projet, s’il est concrétisé, ne devrait pas être hors de prix. Adam Phillips y tient.

Crédits : RCA

Priestmangoode prend le train en marche

Plus question de descendre de train pour en changer. Le cabinet anglais de design Priestmangoode vient en effet de créer un ingénieux concept – the moving plateforms – pour passer d’une rame en mouvement à l’autre grâce à un système de sas.

L’objectif est de permettre aux voyageurs des trains à grande vitesse de rejoindre un train local… sans jamais s’arrêter ni même transiter par une gare. La solution en images semble concluante :

Crédit : Priestmangoode

Concept-car : Mercedes-Benz connaît la musique

Insolemment galbé, le dernier concept-car de Mercedes-Benz devrait être industrialisé dès 2030.

Imaginé par Slavche Tanevski dans le cadre d’un projet de fin d’études, Mercedes Aria Concept est une suite de courbes assez énigmatique. On sait en effet peu de choses de ce modèle : coupé ? Berline ? Une vue semble suggérer deux rangées de sièges… Un coupé 2 + 2, alors ?

Le constructeur n’est guère plus loquace sur le moteur (électrique ?) envisagé et aucune autre donnée technique n’a filtré. Il est vrai que, d’ici 2030, Mercedes-Benz a le temps de développer une belle kyrielle d’innovations.

De ce projet futuriste on retient donc, pour l’heure, l’étonnante ouverture papillon des quatre portes antagonistes et la modularité d’un habitacle non pas soudé à l’extérieur, mais… lié au squelette filaire du véhicule. Le tout élégamment scénographié ici :