Jardins de l’Arche : joliment décalés

Farshid Moussavi ne fait pas partie des « femmes qui comptent » pour rien : la talentueuse architecte a remporté cette semaine le concours des Jardins de l’Arche grâce à un projet qui se joue habilement du décalage.

Haut de onze étages, ce bâtiment accueillera en plein coeur de Nanterre de nombreux commerces, une résidence étudiante et des logements en accession. Sa structure horizontale et épurée ne devrait pas passer inaperçue : le cabinet de Farshid Moussavi a en effet eu l’étonnante (et bonne !) idée de légèrement décaler les plans des étages, permettant ainsi à chaque logement de recevoir une loggia et un balcon partiellement couvert. Très fine, la forme du bâtiment autorise par ailleurs de nombreux appartements traversants, tous baignés de lumière.

Le premier coup de pioche est prévu dès 2012.

© Les Nouveaux constructeurs / FMA.

Pas folle… l’abeille

Loin des pesticides et produits phytosanitaires, les grandes villes sont progressivement devenues un terrain de jeux prisé des abeilles. Et cela leur réussit : le taux de mortalité de ces insectes y est estimé à 3,5 %, contre 35 % dans nos campagnes.

Chaudes à souhait et fleuries, les grandes agglomérations semblent bien douillettes aux abeilles : rien qu’à Paris, on recense actuellement 250 ruches, parmi lesquelles celles de l’Opéra Garnier et du Grand Palais.

Soucieux d’encourager ce mouvement, Groupama a récemment installé deux ruches « Frère Adam » sur le toit de son siège social de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. L’initiative est d’autant plus bienvenue que les abeilles participent à près de 80 % (!) de la pollinisation des espèces végétales. Autrement dit, sans abeilles, nous n’aurions ni fleurs, ni fruits.

Paris, Ville Lumière, mais pas bling-bling

Le projet du cabinet Immorose Prestige a de quoi faire frémir. En quelques maquettes convaincantes, il revisite l’île de la Cité transformant l’Hôtel-Dieu en résidence de luxe, le palais de Justice en business-center et la préfecture de Police en un palace improbable. Bref, il fait du berceau de Paris un havre prochainement réservé à quelques happy few très fortunés.

Une conférence de presse plus tard, ce projet apparaît pour ce qu’il est : un canular mené de main de maître par le collectif artistique H5. Son objectif ? Rendre visible « le délitement d’une société dans laquelle tout est susceptible d’être acheté ou vendu », mais aussi « interroger les citoyens sur les dangers qui menacent notre patrimoine, architectural ou social », estime la mairie du IVe arrondissement de Paris qui soutient activement cette initiative.

La ville en ses jardins

Oui, nos villes abritent des forêts, des prairies, des friches et des rives. Qui en douterait peut se rendre avec bonheur à la Cité de l’architecture et du patrimoine découvrir (et se perdre dans) les sinueux sentiers d’une foisonnante exposition.

Véritable immersion dans un monde végétal, « La Ville fertile » montre comment à New York, Beyrouth, Paris, Munich, la nature se fait urbaine, s’adapte… en vert et contre tout.

Un parcours à suivre jusqu’au 24 juillet 2011.

Plein « Phare » sur La Défense

On ne reste décidément plus longtemps au sommet : inaugurée en mai dernier dans le quartier de La Défense, la tour First sera bientôt (avec ses 230 mètres) la deuxième plus haute de France. Et la deuxième seulement.

L’Etablissement public d’aménagement de la Défense Seine-Arche vient en effet d’approuver la promesse de vente pour la construction de la tour Phare. D’une hauteur de 300 mètres, ce gratte-ciel de 69 niveaux de bureaux sera inauguré en 2016.

Et comme une tour chasse l’autre, Phare devrait rapidement être détrônée par les deux tours jumelles imaginées par le promoteur Hermitage et dont la hauteur est estimée à 323 mètres. Seule inconnue (de taille !) au tableau : le financement. Le promoteur peine en effet à trouver les deux milliards nécessaires à la concrétisation de ce vertigineux projet.

Crédit photo : DR

Urbanisme : Jean Nouvel réinvente l’île Seguin

Confié à Jean Nouvel, l’aménagement de l’île Seguin prévoit la construction de cinq tours d’une centaine de mètres et de nombreuses terrasses plantées.

Une création de Jean Nouvel est toujours un événement. Mais le projet d’aménagement de l’île Seguin était d’autant plus attendu qu’il s’agit, cette fois, de donner une identité à une bande de 11 hectares célèbre pour avoir abrité un siècle durant les usines Renault de Boulogne-Billancourt.

Que propose Jean Nouvel ? Un urbanisme franc. Cinq tours de 100 à 120 mètres organisées autour d’une longue rue commerçante. Pensée comme une petite ville, l’île rassemblera de nombreux équipements culturels parmi lesquels des salles de concert, un conservatoire, un cinéma et deux cirques (le cirque Bouglione et le cirque du Soleil seraient d’ailleurs intéressés).

Un long jardin imaginé par Michel Desvigne et couvert d’une verrière amovible suivra les berges sur un parcours de 600 mètres.

© Ateliers Jean Nouvel.

A proprement parler, la nouvelle île Seguin ne sera pas un lieu où vivre et aucun logement n’y sera construit. Seule l’édification de résidences pour étudiants ou artistes est prévue. Il n’empêche que, réservée aux véhicules propres et truffée de nombreux espaces de spectacle, la nouvelle île Seguin sera un lieu de sortie privilégié.

Voilà pour le principe. Le projet de Jean Nouvel, le premier du « Grand Paris », doit en effet être approuvé par les élus et peut-être même par les riverains, un adjoint au maire ayant demandé un référendum sur le sujet.

Mobilier urbain : Paris expérimente 40 projets innovants

Pratiques ou ludiques, 40 projets de mobilier urbain seront prochainement expérimentés dans les 20 arrondissements de Paris. L’occasion, pour les riverains, de construire le quartier qui leur ressemble.

L’abondance des projets témoigne de la motivation de la Ville de Paris à faire de l’espace public un vrai laboratoire d’expérimentation. Abribus nouvelle génération, panneaux d’information interactifs ou box à vélo compacts, les usagers disposeront de six à douze mois pour découvrir un mobilier urbain intelligent, mais aussi des solutions totalement inédites comme une champignonnière recyclant le marc de café, un potager mobile ou le système d’éclairage « Petit Poucet » qui s’allume au gré de l’avancée des passants.

Les géants du secteur (JC Decaux, Clearchannel, Bouyghes, Orange) ont bien sûr été prompts à proposer des projets novateurs et ingénieux. Mais les acteurs plus petits du marché – à l’instar des start-ups et des chercheurs et designers indépendants – n’ont pas manqué de répondre à l’appel d’offre de la Ville de Paris. Ils devraient donc enfin pouvoir se faire une place sur un marché public trop souvent réservé aux « grands ».

En attendant de découvrir ces innovations urbaines à chaque coin de rue ou presque, on peut les pister pour les tester. Et il faut faire vite : seuls les prototypes les plus concluants seront industrialisés.

© DR