Le véhicule électrique ne représenterait que 10 % des ventes en 2025

Le cabinet de conseil et d’audit KPMG publie sa 14e étude internationale dédiée à l’industrie automobile. Entre autres enseignements, on y apprend que seuls 8 % des dirigeants du secteur ont investi – ou comptent investir – dans les technologies 100 % électriques.

KPMGLe véhicule électrique aurait-il du plomb dans l’aile ? Peut-être bien. Ou, plus exactement, les dirigeants de l’industrie automobile hésiteraient à encourager cette technologie.

Le coût de ces modèles, mais aussi leur faible autonomie ou encore leur usage difficile en dehors des grandes villes (loin des infrastructures de recharge) leur laisseraient un avenir peu reluisant. Selon eux, les véhicules électriques ne représenteront guère plus de 10 % des ventes en 2025.

Dans ce contexte, les investissements se concentrent encore sur l’optimisation du moteur thermique, avec une priorité : aider les conducteurs à mieux maîtriser le coût énergétique de leur véhicule.

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La tête dans les nuages

Tiago Barros ne fait pas les choses à moitié. Quand il réfléchit à un mode de transport écologique et innovant, il aboutit à une solution technique jusqu’alors inexplorée et résolument… planante.

Créé à l’occasion d’un concours initié par le Van Alen Institute et le Département des Affaires culturelles de New York, le projet « Passing Cloud » prévoit d’assembler autour d’une structure métallique d’amples sphères de nylon. Poussé par le vent, et par le vent seulement, l’ensemble avancerait à un rythme lent et indéfini, vers une destination non connue à l’avance. Plus qu’un mode de transport, c’est un véritable art de vivre que propose ici l’architecte, l’ambition, à contre-courant, de laisser du temps au temps.

© DR

CaterPod : une affaire rondement menée

Sortie de la bouillonnante imagination de Bimal Rajappan, CaterPod est une solution de transport en commun pensée pour faciliter les déplacements des étudiants sur les campus.

L’objet présenté plus haut n’est pas la roue du futur véhicule, mais bien… le véhicule lui-même. CaterPod est en effet une structure circulaire dotée de dix sièges et de roues dissimulées sous la base. Une batterie ion-lithium assure l’autonomie de son moteur électrique.

Présentée dans le cadre de l’édition 2011 des Interior Motives Design Awards, cette structure modulaire peut fonctionner de façon autonome ou se greffer à d’autres (sur le même principe que les voitures d’un train ou d’un métro) pour acheminer un plus grand nombre d’utilisateurs.

Priestmangoode prend le train en marche

Plus question de descendre de train pour en changer. Le cabinet anglais de design Priestmangoode vient en effet de créer un ingénieux concept – the moving plateforms – pour passer d’une rame en mouvement à l’autre grâce à un système de sas.

L’objectif est de permettre aux voyageurs des trains à grande vitesse de rejoindre un train local… sans jamais s’arrêter ni même transiter par une gare. La solution en images semble concluante :

Crédit : Priestmangoode

Les avionneurs voient vert

C’était une première : pour sa 49e édition, le salon aéronautique du Bourget proposait un espace dédié aux carburants alternatifs. Modeste (seuls 15 des 2 100 exposants y ont pris part), ce « salon dans le salon » n’en a pas moins fait parler de lui. 

L’utilisation de carburants alternatifs – et plus particulièrement d’agrocarburants – pour remplacer le kérozène n’est déjà plus une nouveauté : en 2007, la compagnie Virgin Atlantic de l’inépuisable Richard Branson essayait avec succès un mélange à base d’huile de palme. Deux ans plus tard, Continental Airlines et Japan Airlines employaient à leur tour un carburant fabriqué à partir d’algues.

D’ici peu, cette ruée vers l’or vert pourrait bien prendre de l’ampleur : les avionneurs Boeing et Airbus ont en effet annoncé travailler activement à l’industrialisation de cette nouvelle génération de carburant. Joignant l’acte à la parole, Airbus a même fait voler un Diamond DA42 exclusivement alimenté par un agrocarburant issu de culture d’algues.

L’initiative ne fait pas que des heureux. L’association Les Amis de la terre estime ainsi que « les agrocarburants risquent de détruire les climats au lieu de les sauver » et pointe tout particulièrement du doigt l’utilisation de l’huile de palme dont « la production est intimement liée à la destruction des forêts tropicales. »

On le voit : le contexte est tendu. Les avionneurs ont donc tenu à rappeler que leurs travaux portaient sur la transformation des algues ou des parties non comestibles des plantes en carburant, espérant ainsi temporiser la plus tenace des controverses : produits sur des terres arables, les agrocarburants auraient un impact non négligeable sur la flambée des prix alimentaires.

De son côté Axens, filiale IFP Energies nouvelles, a souligné qu’elle s’intéressait tout particulièrement aux agrocarburants produits à partir de la lignocellulose présente, notamment, dans le bois, la paille, le foin ou les déchets forestiers. Une piste qui paraît prometteuse.

EADS : Un ZEHST de folie

Le pari n’est pas audacieux : il est surréaliste. Et pourtant, avec la complicité du Japon, EADS a lancé une étude de faisabilité afin de développer un avion supersonique capable de rallier Paris à Tokyo en… 2 h 30 seulement. Décollage prévu en 2050.

Avec une vitesse de pointe de 4 800 km/h, le ZEHST (Zero Emission High Speed Transport) n’est plus tout à fait un avion et pas encore une fusée, mais à l’évidence un engin d’autant plus déconcertant qu’il ne produira ni bruit (ou presque), ni pollution.

EADS a en effet doté son ZEHST de trois moteurs complémentaires, tous déjà disponibles sur le marché. Le décollage et l’atterrissage seront assurés par un turbojet proche de ceux actuellement embarqués dans les avions. Signe distinctif : il sera alimenté par des agrocarburants de 3e génération développés à partir de la culture d’algues.

Lors de la montée en altitude (au-delà de 20 000 mètres), des moteurs similaires à ceux du lanceur d’Ariane fonctionnant avec de l’hydrogène prendront le relais. Enfin, les moteurs Ramjets qui équipent actuellement les missiles de croisière accompagneront le passage à la très grande vitesse de croisière (mach 4 !) et à la très haute altitude (32 000 mètres !).

Si EADS parvient à rassembler les budgets (pour l’heure non communiqués) nécessaires à la concrétisation de ce très beau projet, les premiers vols d’essai pourraient débuter entre 2020 et 2030.

Crédits : EADS

Quel avenir pour les villes du monde ?

Quelques chiffres permettent de cerner l’ampleur des enjeux qui nous attendent : si les évolutions actuelles se prolongent, on comptera en 2025 40 « villes » de 10 à 40 (!) millions d’habitants dans le monde (dont 35 dans les pays du Sud et émergents) ; et un 1,5 milliard d’êtres humains vivront dans des bidonvilles, soit 500 millions de plus qu’actuellement.

Inutile de se bercer d’illusions : d’une telle concentration humaine découlent nécessairement des problèmes sociaux, écologiques et urbanistiques graves. Dans son récent rapport Villes du futur, futur des villes, quel avenir pour les villes du monde ?, le sénateur Jean-Pierre Sueur revient sur les 15 défis qui se posent aujourd’hui pour les grandes villes.

« Pour l’amour des villes », dit-il dans son avant-propos, il aborde les enjeux économiques, culturels, sociaux, numériques, démocratiques –  la liste n’est pas exhaustive – qui les attendent. Mais surtout, Jean-Pierre Sueur veut montrer « que si elles sont confrontées à de redoutables problèmes, les villes du monde sont aussi riches d’atouts, de solutions, d’innovations, de considérables forces de création. Leur avenir n’est donc pas écrit. »

Le document propose donc 25 « pistes pour l’avenir », 25 solutions concrètes, souvent de bon sens, pour accompagner ce développement annoncé : il préconise ainsi le développement des modes de transports collectifs modernes (tramways, métros) ; il insiste sur les bienfaits de  la mixité sociale et rappelle qu’il est nécessaire de promouvoir, au-delà de cette mondialisation, la diversité urbaine, architecturale et, plus globalement, culturelle des villes du monde.

Le rapport souhaite par ailleurs que « l’ONU se dote, au-delà de ce qu’est aujourd’hui UN-Habitat, d’une agence opérationnelle dédiée aux villes et aux problèmes urbains dotée de moyens conséquents ». Enfin, il rappelle  que « la politique du long terme est la seule pertinente en ce domaine ». Paris ne s’est pas fait en un jour…