Pas folle… l’abeille

Loin des pesticides et produits phytosanitaires, les grandes villes sont progressivement devenues un terrain de jeux prisé des abeilles. Et cela leur réussit : le taux de mortalité de ces insectes y est estimé à 3,5 %, contre 35 % dans nos campagnes.

Chaudes à souhait et fleuries, les grandes agglomérations semblent bien douillettes aux abeilles : rien qu’à Paris, on recense actuellement 250 ruches, parmi lesquelles celles de l’Opéra Garnier et du Grand Palais.

Soucieux d’encourager ce mouvement, Groupama a récemment installé deux ruches « Frère Adam » sur le toit de son siège social de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. L’initiative est d’autant plus bienvenue que les abeilles participent à près de 80 % (!) de la pollinisation des espèces végétales. Autrement dit, sans abeilles, nous n’aurions ni fleurs, ni fruits.

La ville en ses jardins

Oui, nos villes abritent des forêts, des prairies, des friches et des rives. Qui en douterait peut se rendre avec bonheur à la Cité de l’architecture et du patrimoine découvrir (et se perdre dans) les sinueux sentiers d’une foisonnante exposition.

Véritable immersion dans un monde végétal, « La Ville fertile » montre comment à New York, Beyrouth, Paris, Munich, la nature se fait urbaine, s’adapte… en vert et contre tout.

Un parcours à suivre jusqu’au 24 juillet 2011.

Biocarburants : l’Afrique paie (déjà) le prix fort

Publiée le 9 juin, une étude de l’Institut d’Oakland indique que 60 millions d’hectares de terres africaines ont été achetés ou loués par des investisseurs en vue de produire des biocarburants. Ou des fleurs coupées.

Un temps envisagés comme une alternative prometteuse, les biocarburants suscitent beaucoup de questionnements. Un récent rapport de l’Institut d’Oakland ne manquera pas d’en provoquer d’autres : l’étude signale en effet que près de 60 millions d’hectares de terres arables d’Afrique (soit à peu près la surface de la France) ont été achetés ou loués au cours de la seule année 2009. L’Ethiopie, la Tanzanie, le Sud-Soudan, la Sierra Leone, le Mali et le Mozambique sont particulièrement concernés par ces acquisitions hâtives réalisées aux dépens des petits producteurs locaux. L’enjeu est d’autant plus important que, les contrats de vente étant légaux, les tribus ne disposeront d’aucun recours si elles souhaitent dénoncer ultérieurement la transaction.

Le rapport poursuit par ailleurs que ces terres sont dédiées à la production de biocarburants… ou de fleurs coupées. Le constat ne manquera pas de renforcer les doutes de ceux qui s’interrogent sur la pérennité de cette énergie alternative dans sa forme actuelle.

L’impact positif des biocarburants sur l’environnement a, de nombreuses fois, été souligné (l’Ademe rappelle ainsi que l’utilisation de biodiesels issus de déchets permet de réduire de  90 % les émissions de gaz à effet de serre.) Il n’en reste pas moins que leur culture se fait pour l’heure au détriment de populations en proie à des pénuries alimentaires graves, voire à la famine.

Urbanisme : Jean Nouvel réinvente l’île Seguin

Confié à Jean Nouvel, l’aménagement de l’île Seguin prévoit la construction de cinq tours d’une centaine de mètres et de nombreuses terrasses plantées.

Une création de Jean Nouvel est toujours un événement. Mais le projet d’aménagement de l’île Seguin était d’autant plus attendu qu’il s’agit, cette fois, de donner une identité à une bande de 11 hectares célèbre pour avoir abrité un siècle durant les usines Renault de Boulogne-Billancourt.

Que propose Jean Nouvel ? Un urbanisme franc. Cinq tours de 100 à 120 mètres organisées autour d’une longue rue commerçante. Pensée comme une petite ville, l’île rassemblera de nombreux équipements culturels parmi lesquels des salles de concert, un conservatoire, un cinéma et deux cirques (le cirque Bouglione et le cirque du Soleil seraient d’ailleurs intéressés).

Un long jardin imaginé par Michel Desvigne et couvert d’une verrière amovible suivra les berges sur un parcours de 600 mètres.

© Ateliers Jean Nouvel.

A proprement parler, la nouvelle île Seguin ne sera pas un lieu où vivre et aucun logement n’y sera construit. Seule l’édification de résidences pour étudiants ou artistes est prévue. Il n’empêche que, réservée aux véhicules propres et truffée de nombreux espaces de spectacle, la nouvelle île Seguin sera un lieu de sortie privilégié.

Voilà pour le principe. Le projet de Jean Nouvel, le premier du « Grand Paris », doit en effet être approuvé par les élus et peut-être même par les riverains, un adjoint au maire ayant demandé un référendum sur le sujet.