L’innovation ne connaît (vraiment) pas la crise

Le contexte industriel a beau être tendu, les dépôts de brevets ne faiblissent pas : le palmarès 2012 de l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) recense ainsi 16 632 demandes de dépôt au cours de l’année écoulée.

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Et comme nous ne sommes plus à un paradoxe près, PSA Peugeot Citroën arrive largement en tête de ce classement (1 348 demandes de brevets publiées en 2012, contre 1 237 en 2011), devant le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (566) et le Groupe Safran (556). Au total, les vingt premiers déposants de brevets sont à l’origine de 41% des demandes (contre 38 % en 2011).

De l’avis d’Yves Lapierre, directeur général de l’INPI, ces chiffres démontrent « que la crise n’affaiblit pas l’innovation de l’industrie française. Bien au contraire, on peut voir que les grands déposants l’intègrent parfaitement dans leur stratégie de développement pour faire face aux contraintes économiques et du marché. » 

ClassementINPI

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Trop d’innovations tue l’innovation

C’est un paradoxe qui mérite le détour : publié par l’OCDE, un récent rapport démontre que le nombre croissant de brevets déposés à travers le monde entame sérieusement la qualité globale de l’innovation.

« La qualité des dépôts de brevets s’est dégradée de façon spectaculaire depuis deux décennies, observe le rapport Science, technologie et industrie : tableau de bord de l’OCDE 2011 (téléchargeable ici). L’empressement à protéger des améliorations même mineures de produits ou de services engorge les bureaux des brevets. D’où un allongement des délais de mise sur le marché des véritables innovations et une réduction des possibilités d’inventions exceptionnelles. » Entre le début des années 1990 et la fin des années 2000, la qualité moyenne des brevets aurait ainsi reculé de… 20 % !

Le document note par ailleurs que si les Etats-Unis demeurent les leaders incontestés en la matière, l’Asie les talonne sérieusement : ce continent a en effet consacré 400 milliards de dollars à la R & D en 2009. En augmentant de 20 % l’enveloppe qu’elle dédie à ce sujet, la Chine se place désormais devant le Japon.

Publié un peu plus tôt, le Tableau de bord européen de l’innovation pour 2010 signalait que la Suède, le Danemark, la Finlande et l’Allemagne étaient les quatre pays européens les plus actifs en la matière et classait la France parmi les « suiveurs de l’innovation ». Il repérait par ailleurs « un champion toutes catégories, dépassant de loin tous les États membres » : la Suisse.

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